Elections sénatoriales de 2001 :
Perspectives pour 2011
 

En raison du mode de scrutin indirect, les élections sénatoriales se déroulent traditionnellement de manière plus discrète que les autres consultations électorales. Concernant un corps électoral limité, le vote y est largement tributaire du travail et de la personnalité des candidats ; les étiquettes politiques y ont notamment beaucoup moins d’importance que pour les élections législatives.

En 2001, les 2811 grands électeurs de Moselle se répartissaient entre : 10 députés, 31 conseillers régionaux, 51 conseillers généraux et pour le reste des délégués des conseils municipaux.
Dans les communes de moins de 9000 habitants, ces délégués sont élus par le conseil municipal en son sein (1 délégué pour moins de 500 habitants, 3 de 500 à 1 500, 5 de 1 500 à 2 500, 7 de 2 500 à 3 500...)
Dans les communes de 9 000 à 30 000 habitants, tous les élus municipaux sont délégués.
Enfin, dans les communes de 30 000 habitants et plus, tous les élus municipaux sont délégués et le conseil municipal élit des délégués supplémentaires (un par tranche de 1 000 au dessus de 30 000).

Elections sénatoriales de 2001, la liste « Moselle Avenir »

La leçon des élections sénatoriales de 2001 est instructive pour l’avenir. En effet, avec 1050 voix, la gauche a obtenu trois sièges alors qu’avec 1708 voix, la droite n’en a obtenu que deux. L’explication évidente réside dans l’éparpillement des listes de droite car les 2758 suffrages exprimés se répartissaient de la sorte :

- d’une part quatre listes de sensibilité générale de gauche ont obtenu au total 1050 voix (Masseret, PS ; Lévy, radicaux de gauche ; Renn, Verts ; Weiler-Strasser, divers gauche) ;

- d’autre part dix listes de sensibilité générale de droite ont obtenu au total 1708 voix (Leroy, RPR ; Masson, Moselle Avenir ; Kiffer, Moselle Debout ; Lang, UDF-RI ; Hethener, RPR ; Stirnweiss, UDF-centriste ; Wagner, FN ; Benmebarek, divers droite ; Seray, défense des contribuables ; Nicolay, MNR).

A gauche, la liste Masseret a obtenu trois sièges en rassemblant l’essentiel des suffrages de cette mouvance, soit 940 voix (89,5 % du total de la gauche) ; seulement 110 voix ont été perdues en allant sur les autres listes de gauche. Au contraire à droite les deux listes ayant obtenu un siège (Leroy et Masson) n’ont que 829 voix (soit 48,5 % du total de la droite) ; 879 voix se sont éparpillées en pure perte sur les autres listes de droite.

Le potentiel de voix de la droite en 2001 lui aurait largement permis d’obtenir trois des cinq sièges de sénateurs s’il n’y avait pas eu d’éparpillement des listes. Cependant, pour 2011, la situation est radicalement différente.
D’une part, le basculement de Metz, Thionville et Forbach lors des élections municipales de 2008 fait gagner 250 grands électeurs à la gauche. D’autre part, l’impopularité abyssale de Nicolas Sarkozy pénalisera la droite qui perdra de ce fait au moins 200 grands électeurs.

Au total, pour les sénatoriales de 2011, le rapport droite-gauche est complètement inversé avec un ordre d’environ 1250 contre 1500, d’où l’alternative suivante :

- si la droite est assez unie, elle peut espérer conserver deux sièges sur cinq.
- si la droite s’éparpille comme en 2001, la gauche peut alors enlever quatre sièges.